À quoi sert une situation intermédiaire ?

04.04.19
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En règle générale, les bilans d’une entreprise sont établis en fin d’exercice. Cependant, il peut être utile, voire nécessaire, de faire des points comptables en cours d’année. On parle alors de situation intermédiaire. Dans certains cas, elle peut même devenir obligatoire. Comment l’établir et pour quelles raisons, c’est ce que nous allons voir dans cet article

Qu'est-ce qu'une situation comptable intermédiaire ?

Une situation intermédiaire présente les mêmes éléments que lors de la clôture des comptes : un bilan comptable, un compte de résultat, un tableau indiquant les flux de trésorerie et un autre de variation des capitaux propres. Vous devriez même y trouver, principalement pour les cas où cette situation intermédiaire est obligatoire, une annexe légale, c’est-à-dire un document qui vise à aider à la compréhension du compte de résultat et du bilan comptable. Elle permet donc de faire un point sur la situation économique de l’entreprise, de manière autant globale que détaillée, et ce sans attendre la fin de l’exercice.

Pourquoi demander une situation comptable intermédiaire ?

Une entreprise se pilote à long terme. Il faut fixer des objectifs, et les garder en tête. Mais le court et le moyen terme sont tout aussi importants. Si ces fameux objectifs restent lointains, et que personne ne vérifie le cap en cours de route, le risque est de ne jamais les atteindre. Une situation intermédiaire permet d’examiner de plus près où l’entreprise en est, quelles sont ses difficultés ou ses forces. Le simple relevé bancaire n’est pas toujours suffisant. L’ensemble des tableaux et des bilans, ainsi que leurs explications, apporte une vision plus précise, plus détaillée. La précision et la rigueur sont nécessaires pour obtenir une situation intermédiaire fiable. C’est donc un outil d’analyse, mais aussi prévisionnel. Il permet de faciliter la prise de décisions, en s’appuyant sur des données concrètes, à un moment précis de la vie de l’entreprise. Anticiper les problèmes qui se dessinent à l’horizon passe souvent par une analyse des chiffres ! Et c’est tout autant utile lorsque les résultats sont bons : la situation intermédiaire permet de fixer de nouveaux objectifs (comme de prévoir des développements ou des investissements).

À quelle fréquence demander une telle situation comptable ?

En dehors des moments où la situation intermédiaire devient obligatoire, et que nous verrons par la suite, la fréquence à laquelle vous en aurez besoin dépend surtout de votre propre activité. Certains se contenteront d’un bilan de mi-exercice, une fois par an, donc. D’autres préféreront s’appuyer sur des situations intermédiaires trimestrielles, ou même mensuelles. Dans les périodes de lancement d’une entreprise, ou lorsqu’elle traverse des écueils, la fréquence des situations intermédiaires ne saurait être trop rapprochée. Pour reprendre la métaphore de la navigation : en pleine mer, quand il n’y a pas d’obstacle et que les flots sont calmes, il n’est peut-être pas nécessaire de vérifier le radar en permanence (même s’il faut garder un œil sur le cap). Quand on est près d’une côte, à proximité de rochers ou dans une tempête, cela devient immédiatement beaucoup plus utile. Gardez cette image en tête pour établir vos besoins.

Dans quels cas la situation intermédiaire est-elle obligatoire ?

Il existe un certain nombre de caps, dans la vie d’une entreprise, qui nécessitent une situation comptable intermédiaire. Elle devient obligatoire pour :
  • une augmentation de capital en numéraire plus de 6 mois après la clôture de l’exercice ;
  • une distribution d’acomptes sur dividendes ;
  • une demande de financement bancaire ;
  • une restructuration juridique ;
  • une cession.
En règle générale, dès qu’il est question de justifier aux yeux de tiers de la bonne santé économique d’une entreprise, ce relevé de situation s’avère pertinent (et rassurant pour les interlocuteurs concernés). Par ailleurs, pour les entreprises qui emploient plus de 300 salariés ou dont le montant net du chiffre d’affaires dépasse les 18 millions d’euros, cette situation comptable, présentée tous les six mois, aide à la tenue des documents obligatoires liés à la prévention des difficultés.

La situation intermédiaire sert aussi pour le bilan annuel

La situation comptable intermédiaire est un travail de comptabilité. En tant que tel, il se doit d’être précis, transparent, et de respecter les principes comptables comme l’indépendance des exercices et la permanence des méthodes utilisées. Une fois établi, il tient lieu de document fixe, inaltérable. Il peut donc parfaitement servir à préparer le bilan de fin d’exercice, puisqu’une grande partie des actes de collecte de chiffres et de vérification auront déjà été effectués. La situation intermédiaire n’est pas un acte comptable surnuméraire, mais un outil de pilotage qui fragmente, d’une certaine manière, le travail nécessaire pour l’établissement des documents annuels.
La situation comptable intermédiaire permet donc de vérifier qu’une entreprise va bien dans la bonne direction, que les résultats sont au rendez-vous. Elle facilite la prise de décisions, dans un sens ou dans un autre, en s’appuyant sur des données chiffrées, plus fiables que des impressions ou des approximations. C’est néanmoins une opération comptable d’envergure, qui nécessite autant d’être accompagné que lors du bilan de fin d’exercice. D’autant plus quand les documents établis sont destinés à un public externe à l’entreprise