Que doit comprendre un business plan ?

25.03.19
  • CREATEUR
  • creer
Un business plan est un document essentiel pour lever des fonds, auprès d’un banquier ou d’un autre investisseur. Vous n’aurez pas deux opportunités pour convaincre vos interlocuteurs, votre dossier devra être complet et efficace dès la première rencontre. Raison pour laquelle vous le peaufinerez dans les moindres détails, autant dans son contenu que dans sa forme.

Qu’est-ce qu’un business plan ?

Un business plan, c’est un document chiffré qui raconte l’histoire que vous voulez construire avec votre entreprise. Pour y parvenir, il suit une structure logique, en trois étapes principales :
  • d’abord, il explique en quoi votre projet est intéressant;
  • il présente ensuite les personnages qui entreront en jeu, et leurs capacités utiles pour la réussite du projet;
  • il explique enfin, chiffres à l’appui, dans quelle mesure ce sera réellement un succès.
C’est une belle histoire, mais ce n’est pas pour autant une fiction. Plus vous vous appuierez sur des éléments solides et fiables (études de marché, budget prévisionnel…), plus votre document sera convaincant. D’ailleurs, un business plan comporte généralement plusieurs dizaines de pages, résumées à la fin pour les investisseurs, mais témoignant du sérieux de la réflexion et des recherches effectuées. Voyons maintenant, étape par étape, ce que vous devrez inclure dans votre business plan.

Expliquez votre projet

Dans cette première partie, vous allez parler de votre projet. C’est LE moment où vous pourrez expliquer en quoi il répond à un besoin du public, en quoi il est novateur, quelle est sa différence ou sa raison d’être par rapport à ce qui existe déjà sur le marché. Soyez aussi précis que possible, listez tous les arguments qui parlent en votre faveur, n’oubliez aucune piste (fonctionnelle, technologique, recrutement, stades de développement, avantages, prix, marché visé…). Vous n’aurez pas de session de rattrapage, vous ne pourrez pas compléter à l’oral ce que vous aurez oublié de mentionner, donc ne lésinez pas sur les informations fournies. Et comme votre projet s’inscrit dans un marché existant, vous aurez bien sûr analysé celui-ci, via une étude de marché que vous présenterez également. Les tendances du moment, la concurrence existant, les perspectives d’avenir, les informations utiles sur votre clientèle, depuis le cœur de cible jusqu’aux acheteurs périphériques… C’est tout cela que vous présenterez dans cette partie. Ce qui vous permettra de démontrer que vous avez étudié le terrain et que vous savez où vous vous engagez. Et comme on ne part jamais sans une bonne stratégie, vous terminerez en exposant ce que vous comptez faire pour réussir. Vous parlerez aussi bien de vos fournisseurs éventuels, de vos techniques de production, que de vos stratégies commerciales et de communication. Tout ce qui expliquera le chemin que vous parcourerez pour transformer votre idée en quelque chose de concret, et pour la mettre entre les mains de vos clients devra être présenté ici.

Montrez qui vous êtes

Si vous avez bien présenté votre projet, cela devrait suffire à convaincre les investisseurs éventuels. Vous devez maintenant leur démontrer que vous êtes la personne adéquate pour le mener à bien. C’est le moment de parler de vous. C’est un peu d’un curriculum vitae déployé qu’il s’agit, puisque vous y évoquerez vos compétences, vos expériences professionnelles (et personnelles si elles sont utiles dans le cadre de votre projet), vos formations, et même votre réseau le cas échéant. Mais vous irez plus loin encore : vous expliquerez pourquoi vous vous lancez dans cette entreprise et quelles sont vos ambitions comme vos raisons personnelles de vous y engager. Vous devrez mettre autant d’humain que d’utile dans cette partie, songez à la doser avec précaution. Par ailleurs, même si de nombreux entrepreneurs démarrent seuls, il a été prouvé qu’il est plus facile de convaincre quand on peut s’appuyer sur une équipe. Même s’il s’agit d’une personne qui ne vous consacrera qu’une journée par mois, pensez à l’inclure (avec son autorisation) dans votre business plan. C’est une manière de démontrer que vous n’êtes pas seul face à votre projet, et donc que vous êtes plus fort. Évidemment, si vous vous lancez en équipe, vous présenterez chacun des membres, avec autant de précisions utiles que possible, pour démontrer les compétences de chacun. Le cas échéant, vous présenterez aussi votre tableau prévisionnel de recrutement sur plusieurs années. Enfin, vous détaillerez la forme juridique retenue pour l’entreprise, en la justifiant, ainsi que la composition prévue pour le capital. À la lecture de cette partie, votre banquier doit sentir que vous êtes en mesure de mener ce projet à bien. Il sera alors temps de parler finances.

Parlez d’argent

Aucun investisseur n’aura envie de mettre d’argent dans un projet qui ne semble pas rentable. Jusque-là, toute votre présentation reste plus proche de la belle histoire, certes bien étayée, mais il n’a encore été que très peu question d’argent. Or, c’est bien pour cela que vous rédigez votre business plan. Dans cette partie, il y aura beaucoup de tableaux chiffrés :
  • un tableau des investissements : vous aurez besoin de matériel, de machines, de matières premières, voire même d’un budget en recherche et développement… Listez vos besoins, pour le démarrage mais aussi pour la suite;
  • un calcul du besoin en fonds de roulement, suite logique du tableau précédent. Il comprend une estimation des charges, tout comme un plan de trésorerie (mensuel pour la première année d’exploitation);
  • une estimation des revenus : vous n’allez pas que dépenser, heureusement. Cette estimation doit s’appuyer sur les données déjà listées précédemment et, surtout, être réaliste;
  • le calcul du seuil de rentabilité : qui précisera quand vous aurez atteint le point mort dans vos finances, et combien de ventes sont nécessaires pour y parvenir;
  • un compte de résultat et un bilan prévisionnel, afin d’estimer vos dépenses et revenus sur une à plusieurs années;
  • votre plan de financement, incluant vos capitaux propres, les aides que vous pouvez obtenir, mais aussi la somme dont vous avez besoin.
Ne vous contentez pas de donner des chiffres, même si ceux à qui vous vous adressez ont l’habitude de les lire. Pensez à les commenter, à les expliquer et à faire des liens entre les différentes parties. De même, indiquez comment les fonds que vous recevrez seront utilisés… et à quel moment ils pourront être remboursés. Vous pourrez même montrer que vous avez anticipé sur un éventuel échec en prévoyant des plans de secours, ce qui démontrera d’autant mieux votre sérieux.
Vous l’avez compris, un business plan est un document riche en informations. C’est la raison pour laquelle il se conclut généralement par un résumé (appelé executive summary) qui reprend en une ou deux pages les éléments principaux présentés tout au long du dossier. Ne négligez pas la forme de votre business plan, il doit être aussi informatif qu’agréable à lire : en ajoutant des paragraphes, des intertitres, vous faciliterez la lecture. Or, votre but doit toujours être que vos interlocuteurs aient envie d’aller jusqu’au bout de votre document.